Gayaskin : Entretien avec la fondatrice Hélène Deparis

 

Se forger un corps et un mental d’athlète, avec un souci d’éthique. C’est le défi que s’est lancé Hélène Deparis en 2017. Ancienne ingénieure, la jeune femme revient pour Vegan Magazine sur ce qui a fait d’elle la créatrice de Gayaskin, une marque de sport éco-responsable. Rencontre.

Photographie de page d’accueil : © Virginie Zilbermann / Gayaskin

 

Comment est née la marque Gayaskin ?

Pradeep et moi-même sommes deux ingénieurs en aéro­nau­tique, sportifs et soucieux de notre impact envi­ron­nemen­tal. De mon côté, j’ai tou­jours été pas­sion­née par la course à pied, le run­ning. Et puis comme beau­coup  j’ai été sen­si­bil­isée à l’écologie, d’abord par la nour­ri­t­ure, puis par les cos­mé­tiques. Mais lorsque je me suis attaquée aux vête­ments j’ai été déçue par l’offre, notam­ment celle des vête­ments de sport.

J’avais envie de pro­duits éthiques qui cor­re­spon­dent à mon activ­ité sportive, tout en étant intéres­sants d’un point de vue tech­nique et esthé­tique. Faute d’en trou­ver à mon goût, j’ai décidé de lancer ma pro­pre mar­que.

Quel genre de produit proposez-vous ?

Nous avons lancé la mar­que avec une propo­si­tion sim­ple : des vête­ments de sport écologiques et éthiques. Notre gamme est pour l’instant com­posée d’un leg­ging sim­ple (le leg­ging GAYA) et d’un plus tech­nique (SKIN) ain­si que d’une bras­sière et d’un débardeur.

À terme, nous aime­ri­ons  pro­pos­er une gamme plus com­plète, avec des pro­duits pour l’hiver (veste, t‑shirt manch­es longues). Mais pas de chaus­sures dans un pre­mier temps,  c’est trop tech­nique.

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Qu’est-ce qui en fait une marque éthique ?

Son orig­ine tout d’abord. Gayaskin est une mar­que française, dont tous les pro­to­types ont été fab­riqués en France. Toutes les matières pre­mières vien­nent d’Europe et les mod­èles de la col­lec­tion sont quant à eux assem­blés au Por­tu­gal ce qui en fait une mar­que locale, conçue dans le respect des normes européennes et des droits de l’homme. La prox­im­ité de nos ate­liers nous per­met de leur ren­dre vis­ite régulière­ment et de voir par nous-mêmes les con­di­tions de tra­vail.

Mais c’est aussi votre matière phare qui en fait un produit respectueux de l’environnement n’est-ce pas ?

Tout à fait. Nos tis­sus sont fab­riqués en poly­ester, recy­clé à par­tir de bouteilles en plas­tique. Le fil est pro­duit et tis­sé dans le nord de l’Italie. On utilise aus­si du polyamide recy­clé à par­tir de filets de pêche, de tapis et de chutes de tis­su.

Même les tein­tures sont non-tox­iques. Les col­orations clas­siques peu­vent dépos­er des sub­stances nocives sur la peau, ce qui était totale­ment con­traire à la promesse de nos pro­duits. Nous sommes fiers d’être cer­ti­fiés Oeko-tex*.

Vous êtes donc 100% recyclables ?

Non, c’est la lim­ite de nos pro­duits. S’ils sont issus du recy­clage, ils ne sont pas eux-mêmes recy­clables.  On était oblig­és de met­tre un petit peu d’élasthanne pour que nos vête­ments suiv­ent bien les mou­ve­ments du corps et quand cette matière est tis­sée à un autre tis­su, ça n’est plus recy­clable.

La seule pos­si­bil­ité de recy­cler serait d’utiliser des pro­duits chim­iques nocifs, ce que nous refu­sons caté­gorique­ment. Nous ne pou­vions pas pro­pos­er de pro­duits par­faits ! Donc nous préférons pro­pos­er des vête­ments de bonne qual­ité, conçus en accord avec nos valeurs qui pour­ront être util­isés longtemps dans de bonnes con­di­tions.

Néan­moins, nous sommes en train de réfléchir à un sys­tème de ges­tion de la fin de vie de nos vête­ments en met­tant en place un parte­nar­i­at avec des recy­cleries, qui pour­raient reven­dre les vête­ments légère­ment défectueux à coût réduit.

Est-ce difficile en 2018 de produire de manière éthique ?

Hon­nête­ment oui. J’ai passé beau­coup de temps à me doc­u­menter sur les procédés et les cer­ti­fi­ca­tions et c’est un milieu com­plexe et par­fois opaque. Ne serait-ce que pour trou­ver un four­nisseur cer­ti­fié, c’est le par­cours du com­bat­tant.

Il n’y a pas encore de norme qui impose un cer­tain pour­cent­age de pro­duit recy­clé pour être cer­ti­fié donc on voit un peu de tout. On a préféré jouer la sécu­rité et la trans­parence en tra­vail­lant avec un four­nisseur qui fab­rique des pro­duits  issus à 100% du recy­clage mais ça a demandé beau­coup de patience et de véri­fi­ca­tions.

La transparence c’est important pour vous ?

Oui, c’est peut-être même plus impor­tant que le côté écologique. Notre moteur, c’est le développe­ment durable. Et qui dit développe­ment durable dit engage­ment envi­ron­nemen­tal, économique et socié­tale.  C’est tout ou rien.

Nos vête­ments doivent être fab­riqués de façon écologique, avec un faible impact car­bone, à un prix abor­d­able, dans des con­di­tions cor­rectes et bien rémunérées.  L’union européenne nous offre un cadre priv­ilégié, avec des normes sociales qui cor­re­spon­dent à nos valeurs.

Comment avez-vous fixé les prix ?

On a essayé de s’aligner sur ce que font les grandes mar­ques de sport. Mais c’est dif­fi­cile car nous fab­riquons nos pro­duits en Europe, ce qui coûte plus cher et que ce sont des matières recy­clées qui coû­tent en moyenne 30% de plus que des matières « clas­siques ».  Il faut com­pren­dre  qu’un t‑shirt à 5 € n’est pas un t‑shirt pro­duit cor­recte­ment et que si on veut un pro­duit de qual­ité, respectueux de l’environnement et de l’être humain, cela a for­cé­ment un coût sup­plé­men­taire. Mais on com­prend que les gens ne puis­sent pas débours­er 200 € pour un haut de sport donc on a voulu être le plus trans­par­ent pos­si­ble pour jus­ti­fi­er le prix de nos pro­duits.

La norme Oeko-tex, c’est quoi ?

C’est l’assurance d’un pro­duit tex­tile cer­ti­fié sans sub­stance tox­ique dan­gereuse pour la san­té. Pas de col­orants allergènes, ni de col­orants azoïques ou dérivés et une valeur PH com­pat­i­bles avec toutes les peaux, mêmes sen­si­bles.

Le label Oeko-Tex ne garan­tit pas que le tex­tile soit bio pour cela, nous vous con­seil­lons de vous tourn­er vers le label GOTS (Glob­al Organ­ic Tex­tile Stan­dard) pour les fibres naturelles ou vers les cer­ti­fi­cats de recy­clage pour les fibres recy­clées.

 

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