Ces jeunes entreprises européennes vegan qui interpellent nos politiques

Les entreprises vegan s’engagent par les ingrédients auxquels elles décident consciemment de renoncer, que ce soit pour des raisons écologiques, sanitaires ou morales. Certaines d’entre elles surpassent les attentes qu’on pourrait en avoir — travailler sur la formulation de recettes relativement clean, viser des emballages éco-responsables et appliquer une politique de dons ambitieuse -, prenant le parti affirmé d’interpeller directement nos politiques sur des causes qui les touchent. Et ce, tout récemment encore. 

 

The Nu Company

A la mi-octo­bre 2020, la start­up The Nu Com­pa­ny, basée à Leipzig (Alle­magne), spé­cial­isée dans la for­mu­la­tion de shakes pro­téinés naturels et de bar­res de choco­lat pub­lie une let­tre ouverte dans le Spiegel, l’un des heb­do­madaires les plus influ­ents du pays. Des­tinée à la Min­istre alle­mande de l’al­i­men­ta­tion et de la pro­tec­tion des con­som­ma­teurs, Julia Klöck­n­er, ain­si qu’aux indus­triels ali­men­taires, elle appelle le secteur à, enfin, pren­dre ses respon­s­abil­ités. Dénonçant notam­ment le recours mas­sif au sucre raf­finé par le secteur, le surem­bal­lage plas­tique, ou encore la déforesta­tion sou­vent intrin­sèque­ment liée à des intérêts économiques (sur­pro­duc­tion d’huile de palme bon marché, et de soja des­tiné à l’exploitation ani­male), ses auteur.rice.s nous exhor­t­ent cepen­dant aus­si au réveil. Le mes­sage de la start­up est clair : nous prenons col­lec­tive­ment la route d’un désas­tre écologique, mais cha­cun de nos choix en ray­on importe (encore).
Pour infor­ma­tion, The Nu Com­pa­ny s’est engagée sur les réseaux soci­aux à planter un arbre pour chaque partage de sa let­tre ouverte avec le hash­tag #food­foranu­world.

Oatly, Provamel & Alpro 

Le sujet était sur la table depuis des mois au niveau européen. En octo­bre 2020, le par­lement de l’Union Européenne inter­dit les mar­ques d’al­ter­na­tives végé­tales aux pro­duits laitiers de recourir à des expres­sions soi-dis­­ant pro­pres aux “orig­in­aux”, comme “à la grecque”, “fro­mage veg­an”, etc. Les réac­tions d’Oatly, super­star des laits végé­taux con­nue pour son ton décalé et mod­erne ; et du duo Alpro-Provamel, autres mar­ques bien instal­lées sur ce créneau en Europe, ne se sont pas faites atten­dre. La pre­mière s’est exprimée notam­ment sur Insta­gram, affir­mant le 24 octo­bre qu’il s’agit d’une “déci­sion totale­ment incom­préhen­si­ble à pren­dre dans un tel con­texte de crise cli­ma­tique”. “Ridicule” et “injuste”, ce sont les mots qu’a de son côté choisit Alpro, qui rap­pelle que s’alimenter veg­an con­stitue l’acte le plus impor­tant que nous puis­sions faire pour vivre plus durable­ment. 

Veganz

C’est la pre­mière chaîne de super­marché 100% veg­an en Alle­magne, qui est pro­gres­sive­ment dev­enue une mar­que à elle toute seule. Présente en France au tra­vers de quelques pro­duits sélec­tion­nés, elle a décidé, délibéré­ment, d’afficher le bilan écologique de cha­cun de ses pro­duits (dans le cadre d’un tra­vail de long terme avec Eater­ni­ty). Et de pren­dre part à une péti­tion mul­ti-mar­ques (alle­man­des) exigeant l’obligation d’afficher l’empreinte car­bone sur chaque pro­duit ali­men­taire, pro­duisant ses pro­pres affich­es inter­pel­lant directe­ment le Bun­destag.

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