Aroma Zone : Entretien avec sa co-fondatrice Anne-Cécile Vausselin

 

Passer d’ingénieure chez L’Oréal Paris à la gestion d’un des plus grands sites français de cosmétiques naturels, c’était le pari fou d’Anne-Cécile Vausselin. Co-fondatrice d’Aroma Zone, elle gère cette marque devenue une véritable référence, et ce depuis plus de 18 ans. L’aventure ne s’arrête pas là pour cette passionnée de naturel qui cumule les projets malgré les difficultés du marché actuel. Entretien.

Pho­togra­phie en page d’ac­cueil : © Aro­ma Zone

Pourquoi avoir choisi de créer une entreprise dans le domaine des cosmétiques naturels ?

C’est né d’une pas­sion com­mune avec mon père et ma sœur, pour les huiles essen­tielles. On avait envie de don­ner une meilleure infor­ma­tion à ce sujet et c’était juste­ment les bal­bu­tiements du web. L’occasion était belle, et en 2000, le site Aro­ma Zone était né. Quelques années plus tard, depuis nos locaux provençaux, on s’est lancé le pari de pro­pos­er le néces­saire pour réalis­er chez soi, ses pro­pres cos­mé­tiques, 100% naturels. C’était la con­ti­nu­ité de l’aromathérapie, qui prône le naturel, telle­ment impor­tant pour nous qui avions gran­dis au cœur de la Marg­eride.

Comment êtes-vous passés d’un simple site web à une entreprise de référence dans le milieu ?

Ça s’est fait assez naturelle­ment. Les pre­mières années, on a con­tin­ué nos activ­ités pro­fes­sion­nelles respec­tives tout en dévelop­pant Aro­ma Zone en par­al­lèle. Quand des pro­duc­teurs sont venus à nous, on a trans­for­mé le site d’information en site marc­hand et on a grossi pro­gres­sive­ment. 2005 a été une année charnière puisque l’activité d’Aroma Zone était dev­enue si impor­tante qu’il était impos­si­ble pour nous de cumuler deux activ­ités. On a alors pris la déci­sion de s’y con­sacr­er à 100%.
Depuis, Aro­ma Zone n’a cessé de grandir, on a ouvert une bou­tique à Paris en 2009 et on n’a jamais regret­té de s’être lancé dans l’aventure !

« Les premières années, on a continué nos activités professionnelles respectives tout en développant Aroma Zone en parallèle »

Pourquoi rencontrez-vous un tel succès selon vous ?

On est à une époque où les con­som­ma­teurs veu­lent savoir ce qu’ils achè­tent, où les scan­dales san­i­taires ont accen­tué les craintes quant aux pro­duits du com­merce.
Le naturel ras­sure. D’autant qu’on est très trans­par­ents sur nos pro­duits et nos procédés de fab­ri­ca­tion.
On est aus­si très proches de notre clien­tèle. On leur demande leur avis, leurs envies quant aux pro­duits qu’ils aimeraient trou­ver dans notre cat­a­logue. Nous met­tons vrai­ment le client au cen­tre de toutes nos démarch­es et on aimerait vrai­ment créer et ani­mer une com­mu­nauté d’échange.

Pourtant, les marques de cosmétiques naturels se multiplient ces dernières années. Ne craignez-vous pas la concurrence ?

Nous étions par­mi les pre­miers dans le domaine, ce qui nous donne une bonne longueur d’avance. Mais le marché se développe en même temps que de nou­velles bou­tiques ouvrent, donc tout ça se fait dans une belle har­monie. Ce qui est dif­fi­cile aujourd’hui c’est que ce marché devient très impor­tant et les grands groupes et les autorités s’y intéressent. On nous demande plus de choses, il y a plus de règles à respecter.

De nouvelles règles, c’est-à-dire ?

Depuis deux ans l’entreprise a vrai­ment changé d’échelle, elle s’est très bien dévelop­pée puisqu’elle a enreg­istré plus d’un mil­lion de clients en 2015. Mais on a dû faire face à de nou­velles régle­men­ta­tions, sem­blables à celles d’un groupe comme L’Oréal, qui compte des mil­liers d’employés, alors que nous ne sommes qu’une cinquan­taine. On a des inspec­tions très régle­men­tées, des deman­des pour chang­er le nom de nos pro­duits et on a l’impression que ça n’est jamais assez bien pour eux. On joue dans la même cour que les gros groupes et c’est dif­fi­cile. Ces mêmes groupes ont réus­si à faire chang­er les normes du naturel. Résul­tat aujourd’hui, on peut trou­ver des pro­duits estampil­lés « naturels », avec du parabène dedans.

« On est très transparent sur nos produits et nos procédés de fabrication »

Pourtant vous faites preuve de beaucoup de transparence sur vos produits :

Oui, chaque pro­duit est détail­lé, il n’y a aucun flou sur les orig­ines et le mode d’obtention de nos pro­duits. Nous avons pub­lié une liste de tous nos pro­duits, en indi­quant s’ils étaient bio ou non, veg­an ou non. Cette liste est label­lisée « One Voice » qui est un label très dif­fi­cile à obtenir mais qui nous tenait par­ti­c­ulière­ment à cœur. On s’investit beau­coup dans les labels parce qu’il y a des valeurs sur lesquelles on ne tran­sige pas. Comme le respect de la nature avec des pro­duits naturels, issus du com­merce durable et équitable, de l’humain et de l’environnement avec des embal­lages recy­clables et pro­duits locale­ment.

Et le respect de l’animal ?

Nous ne testons aucun pro­duit sur les ani­maux, c’est une con­di­tion sine qua non pour la com­mer­cial­i­sa­tion de nos arti­cles. C’est mal­heureuse­ment plus dif­fi­cile qu’avant parce qu’il y a une loi, la loi REACH (2007), qui oblige les entre­pris­es à fournir les résul­tats des essais pra­tiqués sur les ani­maux. Du coup, on ne pro­pose que des pro­duits qui exis­tent depuis longtemps et qui ont déjà fait leurs preuves, qui n’ont pas besoin de nou­veaux tests et donc de tests sur les ani­maux. Si on doit exporter dans un pays comme la Chine qui exige des tests, on préfère ne pas pren­dre le marché.

De ce fait, on pro­pose des alter­na­tives naturelles à des pro­duits par­fois dif­fi­cile à trou­ver sans matière ani­male. Notre rouge à lèvre est par exem­ple sans carmin. Un vrai défi qui a pris beau­coup de temps à met­tre en place mais on a finale­ment trou­vé des alter­na­tives comme l’ocre rouge de Provence ou le pig­ment de radis rouge.

Quel est le produit dont vous êtes particulièrement fière ?

On a sor­ti il y a peu une gamme de ver­nis veg­an et naturels. C’est un chal­lenge qui a été dif­fi­cile à réalis­er mais on en est très fier. Il fal­lait en effet sub­stituer des minéraux par du végé­tal qui tienne dans le temps et qui résiste à la lumière, sans com­posants con­nus pour leurs effets nocifs sur la san­té et l’environnement. Le pari est réus­si et c’est une telle inno­va­tion qu’on l’a fait brevet­er. Et des mar­ques comme Chanel sont venues nous deman­der com­ment on avait fait !

Ver­nis Prune Velours © Aro­­ma-Zone

Et celui que vous rêvez de créer ?

Une gamme de pro­duits sans huile de palme. Avec des com­posés qui sont dif­fi­cile­ment réal­is­ables sans dérivés de palme, comme les émul­si­fi­ants par exem­ple. C’est un chal­lenge qu’on demande à nos four­nisseurs, mais qu’on espère con­cré­tis­er d’ici 3 à 4 mois.

Des projets de produits, en parallèle de l’ouverture de nouvelles boutiques !

Oui nous avons en effet ouvert celle de Paris Hauss­mann fin mars 2018 et celle de Lyon fin avril. On a revu tout l’aménagement, la scéno­gra­phie pour met­tre l’atelier au cen­tre et bien sûr répon­dre au mieux aux attentes de clients.


Qu’est-ce que le label « One Voice » ?

One Voice est une asso­ci­a­tion de loi 1908 qui lutte pour la pro­tec­tion des ani­maux.
Elle a créé un label qui assure au con­som­ma­teur de trou­ver des pro­duits – non-testés sur les ani­maux vivants, les ani­maux en devenir (exem­ple, fœtus), ou sur les prélève­ments d’animaux (exem­ple : sang)
– sans ingré­di­ent d’origine ani­male
– dont les ingré­di­ents sont issus de l’agriculture biologique

 

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