Fashion Week printemps-été 2019 : 5 temps forts éthiques

 

Pour la présentation des collections de prêt-à-porter printemps-été 2019, la Fashion Week a connu quelques bouleversements à travers les capitales de la mode. Retour sur cinq temps forts de ces derniers jours.

Photographie de page d’accueil : © Marine Serre

Marine Serre, audace et liberté

« Pourquoi aller acheter du tis­su en Chine ou en Ital­ie, inven­ter des imprimés qu’il fau­dra chang­er l’année d’après, alors qu’il existe tant de tis­sus à réu­tilis­er ? », se demandait Marine Serre dans Madame Figaro le 6 août dernier. La créa­trice, lau­réate du très con­voité prix LVMH en 2017, a présen­té sa deux­ième col­lec­tion lors de la Fash­ion Week parisi­enne. Et si elle ne fait pas de l’upcy­cling un com­bat, Marine Serre se sent tout de même con­cernée en tant que jeune mar­que par le gaspillage, mais surtout par la recherche du con­fort­able. Dans le dress­ing, des tenues fonc­tion­nelles, la plu­part imag­inées à par­tir de vête­ments usagés et reval­orisés. Un atout qui leur don­nait encore plus d’intérêt. Comme la com­bi­nai­son de For­mule 1 blanche, avec son logo, à son nom bien sûr, asso­ciée à une paire de bas­kets ornées de son imprimé sig­na­ture, des « C » en crois­sant. Les femmes vues par Marine Serre sont dynamiques, actives, et ne s’en excusent pas. Les sacs fourre-tout sont en plas­tique trans­par­ent, avec l’emblème Hard­core Cou­ture, et con­ti­en­nent des porte­feuilles, des bouteilles d’eau, du fond de teint et un exem­plaire du Monde Diplo­ma­tique. Des idées auda­cieuses et révo­lu­tion­naires, qui ne suiv­ent pas vrai­ment les ten­dances dom­i­nantes. Comme un pas de plus vers la lib­erté.

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Le vinyle est rayé chez Courrèges

Quand cer­tains délais­sent la four­rure, d’autres aban­don­nent le plas­tique. Plus sur­prenant encore, lorsque la mar­que Cour­règes annonce qu’elle s’apprête à renon­cer au plas­tique et à sa pro­duc­tion. Et donc au vinyle, cette matière légendaire qui fait l’identité de la mar­que, notam­ment avec ses mini-jupes emblé­ma­tiques. Le 26 sep­tem­bre 2018, la mar­que lancée par André et Coque­line Cour­règes en 1961, avait ouvert un pop-up shop où devait s’écouler les derniers stocks des créa­tions à base de vinyle. Avec cette action, la mar­que entend désor­mais s’adresser à « un pub­lic plus jeune, inter­na­tion­al ».  Elle souhaite mieux coller aux per­spec­tives d’un « envi­ron­nement post-plas­­tique ». Elle pré­ci­sait : « Cour­règes est désor­mais déter­minée à met­tre ses ressources et son influ­ence en œuvre pour trans­former les idées et les solu­tions en énergie pos­i­tive ». Pour son pre­mier défilé, la direc­trice artis­tique Yolan­da Zobel a claire­ment fait table rase du passé et compte bien se con­cen­tr­er sur un présent plus éco-respon­s­able.

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Rave Review, rien ne se jette

La jeune créa­tiv­ité sué­doise a le vent en poupe. En témoigne la dernière Fash­ion Week de Stock­holm, qui a accueil­li de nom­breux nou­veaux noms cette sai­son. Par­mi eux, Rave Review. Ce label féminin né en 2017 sous l’impulsion de Josephine Bergqvist (30 ans) et Livia Schück (27 ans) est né d’un con­stat. « Il y avait un manque sur le marché entre la mode haut de gamme et la mode recy­clée. Notre idée, c’est de fab­ri­quer des vête­ments fash­ion avec une haute qual­ité de fini­tion, entière­ment à par­tir de tex­tiles et de vête­ments déjà exis­tants. Nous sommes par­ties des tis­sus d’ameublement pour voir ce que l’on pou­vait faire d’intéressant avec », expli­quaient-elles à FashionNetwork.com. Nap­per­ons en den­telles, chutes de rideaux, plaids… Tout se récupère, rien ne se jette pour les deux styl­istes. Et cela donne des petites robes d’été effilochées, des crop top cache-coeur en éponge, des assem­blages de tis­sus et un trench façon peignoir de bain.

Stella McCartney Forever

Pas un souci à l’horizon mal­gré le nom du défilé : Dou­ble trou­ble. Imper­ti­nente et libre sont prob­a­ble­ment les deux adjec­tifs qui qual­i­fient le mieux la col­lec­tion print­­emps-été 2019 de Stel­la McCart­ney. Tan­dis qu’elle a rompu ses liens avec le groupe de luxe français Ker­ing, la styl­iste a dévoilé une col­lec­tion pleine d’esprit et de cool. Un ves­ti­aire mix and match pour homme et femme avec culottes fleuries et com­bi­naisons sim­ples, un bleu de tra­vail en den­im délavé à l’acide, des robes de gym­naste bleu poudré, ou encore des tops sportifs imprimés portés avec des pan­talons mas­culins à plis et pas­sants de cein­tures. Des créa­tions décon­trac­tées et assez soignées pour être portées aus­si bien au tra­vail que pour rester chez soi. Le coup de coeur : les chaus­sons de bal­let en sim­ili cuir tis­sé et les bas­kets en toile lisse. Preuve qu’une mode intel­li­gente et durable peut con­tin­uer à vivre sans un grand groupe de luxe.

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Exit la fourrure pour la Fashion Week de Londres

On ne s’attendait pour ain­si dire pas à apercevoir des vestes à poils sur les podi­ums pour les défilés des col­lec­tions print­­emps-été 2019. Mais il se trou­ve que les créa­teurs bri­tan­niques ont pris une déci­sion majeure lors de la dernière semaine de la mode : « Aucune four­rure d’an­i­mal ne sera util­isée à la Fash­ion Week de Lon­dres », comme l’avait déclaré le British Fash­ion Coun­cil (BCF) dans un com­mu­niqué, avant le début des fes­tiv­ités. Pour le BCF, cela traduit l’évo­lu­tion du secteur de la mode, mais aus­si « les sen­ti­ments des con­som­ma­teurs » et « la posi­tion des mag­a­sins mul­ti­mar­ques qui s’éloignent de la vente de four­rure ».

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